Dépèche AFP sur le mouvement anti-publicitaire (2004.01.23)
Date: 24 janvier 2004 à 19h27
Sujet: Articles parus dans la presse


PARIS, 23 jan (AFP) - Un virulent mouvement "anti-publicitaire", visant en particulier les affiches dans le métro parisien, se développe en France depuis l'automne, dans le sillage de la vague altermondialiste et de la mobilisation des intermittents du spectacle contre la réforme de leur statut.

Le 7 octobre, alertées par internet, une centaine de personnes se sont retrouvées à la station de métro "République", au coeur de Paris, et ont entrepris soit d'arracher, soit de badigeonner de noir ou de graffitis vengeurs plusieurs dizaines d'affiches de 4 mètres sur trois.

Sur les affiches, les slogans : "RAS LA PUB". Sur des marques de jouets la mention : "Laissez vos enfants rêver sans la pub pour les conditionner". Sur des photos de mannequins en collants : "SEXISTE".

Quelques jours plus tard, ils étaient un millier pour une action du même type, qui s'est soldée par une poignée d'arrestations. Et fin novembre la police parisienne interpellait quelque 300 personnes alors qu'elles s'apprêtaient à agir, pinceaux en mains.

A l'origine de ces mouvements, qualifiés de saccages et d'atteinte à la propriété privée par la RATP, qui a intenté des poursuites, pas d'organisation constituée mais une mouvance anti-capitaliste, proche du mouvement altermondialiste, communiquant par courriers électroniques et téléphones portables.

Emmanuel, 28 ans, et Manu, 30 ans, qui n'ont accepté de révéler à un journaliste de l'AFP que leurs prénoms, se sont rencontrés sur un quai du métro, lors de la première opération.

Ils se retrouvent dans un café parisien pour préparer leur prochaine initiative : la réalisation d'une montagne de papier en un lieu pour l'instant tenu secret à partir de milliers de tracts publicitaires distribués dans les boîtes aux lettres.

"provoquer un déclic chez les gens"

"La publicité nous impose une certaine façon de voir les choses, de poser les problèmes", argumente Emmanuel. "La seule solution proposée, c'est la croissance. Or, c'est une impasse intellectuelle".

"Le système n'est plus viable, on va dans le mur", renchérit Manu. "Or la pub nous met des oeillères et nous empêche de redéfinir le système".

Leur groupe, dont la plupart des membres ne se connaissent que par le prénom, compte des altermondialistes, des écologistes, des anarchistes, des féministes protestant contre les aspects "machistes" de certaines campagnes, des intermittents du spectacle rôdés depuis des mois à l'action collective dans leurs efforts pour contrecarrer la réforme de leur système d'assurance-chômage.

Ils assurent que les barbouillages de panneaux publicitaires, bien qu'interdits par la loi, vont se poursuivre. "Notre but, c'est de créer un débat, que les médias en parlent, de provoquer un déclic chez les gens", ajoute Manu. "Qu'ils mettent en cause la pub".

Le mouvement, largement couvert par la presse française, réjouit Yvan Gradis. A 45 ans, c'est le grand-père de la croisade anti-pub, unique rédacteur depuis 1990 du "Publiphobe", feuille d'information destinée à "faire prendre conscience des procédés publicitaires ou autres, destinés à mettre en condition l'opinion publique".

"Les affiches dans le métro, j'avais jamais osé", assure l'auteur d'une quinzaine de "barbouillages" individuels, entre 2001 et 2003. "J'avais peur des bousculades, que quelqu'un tombe sur la voie. Je ne suis pas à l'origine de ces actions, mais j'estime qu'il faudrait donner la légion d'honneur à leurs auteurs".

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Trouvé sur EcoParis





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