"Les soldes constituent un rituel consumériste et social très important, les consommateurs y viennent pour acheter, mais sans doute également pour l'"ambiance" liée à la chasse aux bonnes affaires."
- Sami Sboui, Observatoire européen des centres de marques et magasins

S’il impose mondialement ses principes (rivalité, course au profit, exploitation des plus faibles, accaparement des ressources par une minorité…) et ses productions (même les plus inutiles ou les plus dangereuses…), c’est bien parce que nous collaborons de diverses manières à la mise en œuvre de ses principes et que nous acceptons l’envahissement de nos vies par ses productions.

Bien sûr, nous héritons en venant au monde d'un système que nous n'avons pas choisit et nous en subissons les contraintes. Pourtant, nous avons le choix de perpétuer indéfiniment les bases de la société actuelle ou de nous en libérer progressivement. Il ne s’agit pas de s'isoler ou de tout rejeter en bloc mais de s'affranchir, étape par étape, avec réalisme et intelligence, de tout ce qui nous enchaîne au système et nous empêche de reprendre pleinement possession de nos vies.

Les transnationales capitalistes n’existent que parce que nous les nourrissons au quotidien par notre travail et notre consommation. Elles s’enrichissent parce que nous achetons leurs produits. Elles se développent parce que nous nous soumettons toujours davantage à la vision du bonheur qu’elles diffusent, aux conditionnements et aux désirs qu’elles introduisent en nous par le biais de l’idéologie publicitaire et des techniques de manipulation marketing. Elles étendent leur monopole car nous sommes de plus en plus incapables de nous passer d’elles, des salaires qu’elles versent en échange de notre sueur, des biens de consommation et des services dont nous sommes devenuEs dépendantEs.

Les principes du capitalisme dominent l’économie parce qu’ils s’alimentent de nos propres tendances et de nos faiblesses. La dynamique du capitalisme tire son énergie de nos frustrations, de notre avidité, de notre désir de propriété et d’accumulation, de notre égoïsme, de notre conformisme, de notre besoin d’être reconnu à travers des objets qui nous valorisent, de nos réflexes de compétition, de notre conception de plus en plus matérialiste, individualiste et oisive du bien-être, etc. Tant que le désir d’accumulation matérialiste motivera l’activité économique, la compétition pour le profit, le productivisme outrancier et le gaspillage nous feront vivre sous la menace permanente de la spoliation, de l’exploitation et de la pénurie. Tant que nous n’aurons pas redéfini nos vrais besoins - ce qui implique de repenser l’homme en profondeur -, nous resterons prisonniers de la frustration, de l’avidité, de la peur de manquer ainsi que de leurs prolongements douloureux dans nos vies.

Nous ne pourrons pas vaincre la logique capitaliste, même si nous la rejetons à travers nos manifs et nos grèves, tant que nous lui serons soumisEs dans nos têtes, dans nos pulsions et dans nos modes de vie. Abattre le capitalisme et son cortège de souffrance n’est possible que si nous nous libérons totalement de son influence idéologique et culturelle, si nous refusons progressivement toute collaboration et retrouvons notre autonomie vis à vis des emplois, services et produits qu’il nous « propose », bref, si nous entrons en résistance généralisée vis à vis des valeurs et des mécanismes qui le nourrissent au quotidien.

Enfin, chercher protection contre le capitalisme auprès de l’Etat est sans issue. L’Etat se construit en grande partie sur les mêmes bases que le capitalisme (quête du pouvoir et des privilèges qui vont avec, accaparement de la créativité sociale par une minorité de décideurs, exploitation des faiblesses humaines et démagogie…). L’Etat et le capitalisme appartiennent au même système, leurs divergences ne sont qu’apparentes et l’un comme l’autre savent manier habilement « la carotte et le bâton » pour renforcer leur domination sur les esprits et les corps. Nous ne pouvons nous défendre et nous libérer que par nous-même !

Aujourd’hui, il est possible d’agir concrètement, simultanément en soi et autour de soi, pour retrouver la maîtrise de nos existences.

> Commençons par vivre en nous-mêmes, dans la cohérence, le monde que nous voulons bâtir. Le monde est ce que nous en faisons. Sans transformation personnelle, sur le plan du comportement et des choix éthiques, aucune transformation sociale et économique décisive ne pourra jamais aboutir. Le système a besoin de nos peurs, de notre agressivité et de notre enfermement en nous-même, pour subsister. Entrons résolument en lutte contre nos réflexes destructeurs (impulsivité, mensonge, égoïsme... ) et reconstruisons-nous sur des valeurs génératrices de bien (amour, non-jugement, pardon... ). Débusquons et refusons toutes logiques de domination dans les attitudes et les méthodes, toutes formes de mépris, de « chosification » ou de négation de l’autre, lesquelles ne peuvent que reproduire les impasses et les injustices du système. Développons les attitudes altruistes et bienveillantes, l’ouverture à l’autre sans préjugé, l’écoute et l’attention vis à vis de toutes personnes, sans discrimination.

> Développons l’entraide directe et la simplicité relationnelle. Réapprenons à vivre sans pouvoirs, sans hiérarchies et sans intermédiaires inutiles. Retrouvons confiance en notre capacité à nous autogérer (en tant qu’individu et en tant que groupe) sans lois, sur la seule base de notre conscience - et des efforts d’amélioration personnelle et d’autodiscipline qui en découlent logiquement -. Refusons progressivement tout assistanat de la part du système - car l’assistance étatique a toujours sa contrepartie de contrôle social, de mise sous dépendance et d’aliénation -. Le potentiel créateur humain ne peut se révéler pleinement que dans la liberté, de façon choisie, non imposée. C’est pourquoi aucune évolution décisive ne passera par des systèmes de contrainte, de contrôle et de normalisation - quelle qu’en soit la forme -, qui ne font que soumettre et standardiser l’humain, sans lui donner réellement la possibilité de se changer et d’exprimer le meilleur de lui-même. Notre histoire tragique démontre que les structures de domination et les normes légales et morales ne sont jamais parvenues à garantir la justice et la paix - et encore moins le bonheur -. Les gouvernements et les institutions, en déresponsabilisant les individus, en les rendant dépendants et passifs, ont eut autant - sinon davantage - de répercussions négatives qu’ils n’ont permis de progrès. Après l’échec des tentatives autoritaires et idéologiques de changement du monde, il est devenu évident que tout ordre artificiel, imposé «par le haut», ne peut qu’entretenir le chaos qu’il prétend combattre. Le fait d’être gouverné, assisté, réglementé, enfermé dans un univers culturel limitatif et rigide, est incompatible avec la nature humaine transcendante - c’est à dire capable de dépassement et d’évolution infinie, créatrice d’elle-même au plus haut point - et ne peut provoquer à terme que des conséquences désastreuses.

> Passons de la revendication passive à la création. Face à l’uniformisation croissante des modèles sociaux et des aspirations humaines, il est urgent de remettre en question nos conceptions de l’existence, de multiplier les expérimentations alternatives en tous domaines, d’explorer d’autres fondements possibles du bonheur personnel et collectif. Recherchons de nouvelles pistes sociales et économiques, basées sur l’autonomie et la responsabilisation personnelle, le rejet de toute hiérarchisation, la valorisation de l’individualité, mais aussi le sens du partage, de la fraternité vécue, du soutien mutuel, de la gratuité et du don…(valeurs non cotées en bourses mais produisant des bénéfices considérables…). Favorisons la création de lieux de troc, d’échange de services, d’auto-construction et d'auto-production alimentaire et énergétique, non reliés à la logique marchande, (SELs, coopératives ou mutuelles libres, ateliers artisanaux ou jardins collectifs autogérés…).

> Encourageons toutes initiatives visant la transmission et la ré-appropriation personnelle et collective, par la base, de connaissances théoriques, savoirs-faire pratiques, moyens et ressources diverses permettant l’indépendance, la résistance et l’émancipation concrètes vis à vis des structures étatiques ou capitalistes et l’émergence d’une société nouvelle, fraternelle, décentralisée et égalitaire. Refusons la marchandisation de la connaissance ou sa monopolisation à des fins de pouvoir. Développons des ateliers libres de formation populaire, des réseaux d’échange de savoir. Favorisons le développement de techniques peu coûteuses et accessibles à tous et toutes. Soutenons également la ré-appropriation et l’occupations de biens fonciers et immobiliers laissés à l’abandon, ou maintenus délibérément en état de « stérilité » pour des raisons spéculatives (le droit d’usage – droit à la vie ! – doit primer sur le droit de propriété privée).

> Boycottons le système de production et de distribution capitaliste, en priorité la grande distribution et les produits de l'agriculture intensive et productiviste. Aujourd’hui, les rivalités pour l’accès aux ressources et aux débouchés commerciaux, la crainte de perdre leur niveau de vie matériel pour les uns, le désir de bénéficier des mêmes privilèges pour les autres, multiplient les foyers de tension et les menaces. Ayons conscience que la logique socio-économique actuelle – si nous ne la stoppons pas - nous conduit inexorablement vers la guerre et des destructions écologiques irrémédiables. Apprenons à consommer moins et mieux, encourageons la sobriété et la simplicité volontaires, affranchissons-nous de nos « désirs-conditionnements » et retrouvons le sens de l’essentiel, du vrai, de l’utile, du beau... Combattons l’idéologie publicitaire génératrice de frustration perpétuelle et d’une véritable prison mentale qui nous enferme dans une représentation mutilée et réductrice de nous-même. Limitons nos besoins de produits manufacturés et importés – surtout ceux entraînant le gaspillage des ressources terrestres, des pollutions excessives et des injustices sociales – et organisons le recyclage et la récupération à tous les niveaux. Produisons localement – sans esprit chauvin – tout ce qui peut l’être et encourageons les pays du sud à revenir à une production vivrière adaptée à leurs besoins. Faisons nous-mêmes – personnellement ou collectivement – tout ce qui est possible sans recourir à un service ou un bien « marchand » (le commerce n’est pas un mal en soi mais nous devons refuser son hégémonie actuelle, la monopolisation du capital, la transformation systématique en source de profit de toute création humaine, l’intérêt érigé en critère absolu…).

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