"Plus d'une chose insignifiante a pris de l'ampleur grâce à une bonne publicité."
- Mark Twain
Seuls cinq militants sur une soixantaine ont reconnu devant une salle bondée et entièrement acquise à la cause de l'antipublicité avoir participé à des dégradations d'affiches pour lesquelles la RATP leur réclame 922.000 euros et les menace d'une amende de 10.000 euros en cas de nouvelle infraction.

La décision du tribunal a été mise en délibéré au 28 avril.

Dès l'ouverture de ce procès sans précédent à Paris, la dizaine d'avocats de la défense a dans la majorité des cas contesté les faits reprochés à leurs clients lors de quatre actions antipub menées à la fin de l'année dernière.

Sarah (30 ans) "circulait avec un groupe d'amis", Fabien (36 ans) était "présent mais inactif" et s'il a reconnu des barbouillages "c'est par solidarité", Julie (25 ans) "accompagnait des barbouilleurs mais n'a rien fait". Alors que le président égrène la longue liste des assignés, les avocats se contentent de répondre "même situation", ou "même chose".

Parfois, la salle éclate de rire, comme pour cette jeune fille qui aurait eu pour seul tort de ramasser par terre une affiche déchirée pour la jeter dans une poubelle "facilitant le travail de nettoyage de la régie".

"Comment plusieurs milliers d'affiches ont-elles pu être dégradées si toutes ces personnes étaient là pour regarder avec un marqueur dans leur poche", ironise Me Jacques-Henri Kohn, l'avocat de la RATP.

"Cela ne peut pas résister une minute à votre intime conviction", ajoute-t-il à l'adresse du président du tribunal.

L'avocate d'une cinquantaine de militants poursuivis, Agnès Peeters, a rétorqué que des milliers de personnes avaient barbouillé des affiches lors des quatre opérations incriminées, contestant la validité des procès-verbaux délivrés contre ses clients dont la faute n'est pas, selon elle, établie.

Elle a aussi contesté le montant "exorbitant" des dommages réclamés par la régie.

Pour la défense de l'un des éditeurs d'un site internet antipub, au nombre des prévenus, son avocat a contesté une incitation à dégrader les affiches publicitaires. "Il s'agissait d'un appel à recouvrir des espaces publicitaires dans les limites les plus prudentes qui soient" puisque l'on mettait en garde contre les dégoulinades de peinture...

Après une interruption d'audience, le président du tribunal a finalement refusé d'entendre des témoins cités par la défense dont le romancier et "ex-fils de pub" Frédéric Beigbeder, Oliviero Toscani, photographe pendant 18 ans des campagnes publicitaires de Benetton et Yvan Gradis, pionnier du mouvement antipublicitaire en France, pourtant présents à l'audience.

"On veut faire de ce débat judiciaire un forum pour ou contre la publicité. Il n'y a pas de lien entre ces témoins et l'assignation", avait fait valoir l'avocat de la RATP.

Dans la salle des pas perdues du tribunal, Toscani comme Beigdeber n'en ont pas moins exprimé leur point de vue.

"Taguer des affiches, ça fait moins mal que taguer des âmes. La publicité ne nous considère pas comme des être humains mais comme des consommateurs", a critiqué le photographe italien tandis que l'écrivain remarquait que la publicité n'était pas censée "être un discours idéologique qui envahit l'espace public".

--------------------------------------------------------------

PARIS (Reuters) - Soixante-deux militants anti-pub ont comparu mercredi devant la 1ère chambre civile du tribunal de Paris à lasuite d'une plainte de la RATP pour des dégradations et autres barbouillages sur des milliers d'affiches dans le métro.

La décision du tribunal a été mise en délibéré au 28 avril.

La RATP et sa régie publicitaire Metrobus, filiale de Publicis, réclament quelque 922.000 euros de dommages et intérêts pour desdommages commis au cours de quatre opérations fin 2003: les 17 octobre, 7 novembre, 28 novembre et 19 décembre.

La RATP réclame cette somme "in solidum", c'est-à-dire que les dommages et intérêts peuvent être demandés en totalité au prévenule plus solvable.

"Le métro est en premier lieu un service public dont la mission est de transporter les gens", a déclaré Me Alexandre Faro, un desavocats de la défense. "Mais (en tant que passager) vous êtes une cible surexposée. C'est une publicité vulgaire, honteuse", a-t-ilajouté en évoquant l'utilisation de l'image de la femme à des fins publicitaires.

"J'ai l'impression d'avoir incroyablement rajeuni et d'être revenu aux Sciences-Po de 1968", a répliqué Me Jacques-Henri Cohn,avocat de Metrobus. "Nous ne sommes pas contre le mouvement (anti-pub) en soi. Ce que nous contestons, c'est la possibilité dedégrader" des affiches publicitaires, a-t-il expliqué.

Des "commandos" de plusieurs centaines de personnes, armés de marqueurs, de bombes ou de rouleaux de peinture, avaientbarbouillé des affiches publicitaires de slogans - comme "la pub tue" - dans le métro parisien. Une nouvelle intervention s'est dérouléele 28 février.

Ce mouvement, relayé par plusieurs groupes et un site internet "www.stopub.tk", s'est étendu à plusieurs villes de province.

Les anti-pub protestent notamment contre "la marchandisation du monde" et le sexisme dans la publicité.

La RATP a voulu faire "un geste" en mettant à la disposition des anti-pub, du 8 au 18 mars, 47 emplacements vierges dans 24stations de métro. La station Liberté, sur la ligne 8 du métro, a été rebaptisée pour l'occasion "Liberté d'expression" et offre 24espaces sur ses quais.
---------------------------------------------------------------

PARIS (AP) - Interpellées lors de quatre opérations anti-pub dans le métro l'an dernier, les 62 personnes assignées mercredi par la RATP et sa régie publicitaire pour avoir dégradé les affiches publicitaire se classent en trois catégories, dont la plus importante est le «présent inactif»...
Les deux autres, «présent solidaire» et «présents actifs», se comptent sur les doigts d'une main. Quatre reconnaissent avoir »dégradé» des affiches» et un joue la carte de la solidarité.
Au total, la RATP et Métrobus réclament solidairement 922.000 euros aux 62 personnes au titre de leur responsabilité civile. La décision de la première chambre du tribunal de grande instance de Paris a été mise en délibéré au 28 avril.
Le responsable du site internet «stopub», aujourd'hui disparu, mais qui appelait à des actions contre l'affichage publicitaire est également poursuivi par la RATP. Ces 62 personnes ont été interpellées lors de quatre opérations qui se sont déroulées les 17 octobre, 7 novembre, 28 novembre et 18 décembre 2003. Près de 10.000 affiches seront visées lors de ces descentes.
Pour les avocats de la RATP, le préjudice s'élèverait à plus de 700.000 euros. Sa régie publicitaire aurait été obligée d'indemniser certains afficheurs. Mais pour la défense, les interpellations ont été faites en dépit du bon sens. Il y a les plus nombreux qui sont les «présents inactifs». Sur le quai, par hasard, ils ont été verbalisés par les agents de la RATP pour des dégradations qu'ils assurent ne pas avoir commises.
Il y a l'unique «présent solidaire». Il n'a rien fait, mais solidaire de ses camarades, il assume. Et enfin, les quatre à se revendiquer «présents et actifs». Mais près de 10.000 affiches à quatre, cela fait beaucoup...
Me Jacques-Henri Kohn, l'avocat de la RATP, s'est gaussé de ces actions, «non-sens du militantisme, réalisées par des «gens qui confondent la fin et les moyens» et s'est indigné qu'une petite minorité veuille «se faire justice soi-même».
La défense, Me Agnès Peeters en tête, assure que les procès-verbaux sont nuls car l'agent verbalisateur ne peut être identifié. Tous s'étranglent de la demande de condamnation in solidum de la RATP. C'est à dire que cette condamnation pourrait être réclamée au condamné le plus solvable.
L'un des avocats de ces réactifs à la publicité dans les espaces publics souhaitait l'audition de quatre témoins, dont l'écrivain Frédéric Beigbeider et le photographe Oliviero Toscani. Le tribunal a refusé cette publicité des débats.
Avant l'audience, Oliviero Toscani, qui a rendu célèbre la marque Benetton, a regretté devant les journalistes le peu d'art dans la pub. Dans le froid, devant les grilles du palais de justice de Paris, des manifestants étaient venus soutenir leurs camarades poursuivis. «La pub abrutit. CON SOTS MATEURS: réveillez-vous», était-il inscrit sur l'une des banderoles.
"[Revue de Presse du procès] Commando anti-pub: décision le 28 avril" | Connexion/Créer un compte | 0 commentaires

Les commentaires anonymes ne sont pas autorisés, veuillez vous enregistrer

Liste des municipalités qui ont refusé l'affichage urbain
Documentaire étudiant sur la résistance face à la publicité
Retourner les armes de l'adversaire contre lui-même
Petit guide pratique d'extermination de la publicité
Modèle propre pour la pub sur internet, projet étudiant
Eradiquer la pub encrivore sur vos billets SNCF à imprimer
Nouveau abris JCD
UTILISER LES SOURIRES D'ENFANT
Journée Sans Pub le 27 novembre
Liste des contacts antipubs dans votre région
A Dijon, la gastronomie s'affiche dans les rues ...
Audit participatif des panneaux publicitaires à Dijon
Pubs géantes : Milan invente le Dôme-sandwich
Boko Anana, le court anti-pub

Pub et Caca

19 mai: Le Publiphobe n°159 est disponible.

13 avril: "Hacked By Hackerking" à télécharger dans la catégorie Audios.

4 novembre: "pochoirs" à télécharger dans la catégorie Autocollants.

3 juin: "La Bulle économique" à télécharger dans la catégorie Vidéos.

19 janvier: 1 photo ajoutée dans Hacked By Erfan80.

9 mars: "La captation des désirs" à télécharger dans la catégorie Autocollants.

28 novembre: 1 photo ajoutée dans Hacked By Erfan80.

7 janvier: 1 photo ajoutée dans Hacked By Erfan80.

12 octobre: 1 photo ajoutée dans Hacked By Erfan80.

10 juin: Le Publiphobe n°114 est disponible.



   Contacter les admins
   Informations légales

   Le Publiphobe
   Sondages
   Citations antipubs
   Articles passés
   Chercher sur le site

   Flux RSS


Lien anti spammeurs

Site Sans Pub


Zone hors AGCS