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Exposé succint d'un barbouillage souterrain
En automne 2003, ce fut la grande époque des barbouillis contre la
publicité. On pourrait croire que cette époque est révolue. Que la
contestation de l'invasion publicitaire du métro est morte parce parce qu'un juge a condamné des coupables, donc d'une certaine manière que le Peuple Français (puisque la justice est rendue en son nom) nous a dit que "c'est mal de barbouiller".
En réalité, ce qu'il se passe régulièrement dans les souterrains
parisiens, en terme de barbouillages spontannés et irrésistibles
d'affiches de 12m², est la continuation des ces actions fondatrices.
Depuis bientôt 6 ans, la contestation active à base de peinture n'a pas cessée. Toute autre forme de contestation étant vaine : il n'y a pas d'interlocuteur.
Bref, hier soir, on a remis ça.Une fois de plus, tous les passagers
furent nos complices. Ils expriment soit leur complicité passive en ne disant rien aux détenteurs de l'autorité, soit leur complicité active en nous souriant, ou en discutant avec nous. On voit ainsi que la publicité ne bénéficie d'aucune sympathie. Comment la RATP pourrait-elle de là infliger des nouvelles sollicitations encore plus tapageuses sous la forme d'écrans animés ACL? Qui donc les a demandé?
Comme on ne peut pas le justifier, comment expliquer ce nouveau
déferlement, sinon en disant que la publicité, la marchandise et même le travail pour les produire, sont devenus leur propre fin, sans se demander si cela est utile aux êtres humains?
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