"L'argent ne fait pas le bonheur de ceux qui n'en ont pas."
- Boris Vian
Forum - Compte-rendu d'action
Nouveau communiqué d'un mystérieux groupe
Voir son profilMystery
15 décembre 2006 | lien
« Dans l'arrière-cour de la Mégamachine industrielle, la Vie, bien que réduite à de la souilleuse survie économique, vit et déborde encore de son inlassable auto-engendrement. Elle cogne le silence et rêve encore l'impossible. »
Quoi de mieux que cette citation offerte par l'un de nos amis pouvait résumer l’action clairement anti-publicitaire de jeudi ? C’est ce que nous allons voir dans ce compte-rendu explicatif, parsemé de citations en italique des barbouillages avec lesquels nous avons démoli temporairement les murs de mensonges commerciaux que son devenus les arches du métropolitain parisien.

La compréhension de cette phrase n’est pas aisée, il m’a fallu personnellement plusieurs mois avant de l’appréhender, mais c’est lorsque l’on voit sa vie gorgée d’elle-même cogner le silence qu’elle prend tout son sens.

Résister c’est exister

C’est ainsi qu’un groupe, encore grossi par rapport aux précédants rendez-vous ( voir http://bap.propagande.org/modules.php?name=Forums&file=viewtopic&t=2804 , http://bap.propagande.org/modules.php?name=Forums&file=viewtopic&p=24081, ) , pénétra dans les entrailles empubantées de la ville. Sa composition reflètait un ensemble de CSP très diverses, parmi lesquelles on avait : informaticien, ingénieur, professeur de faculté, énergéticien, travailleur social, étudiants (technique, anthropologie), chômeur, journaliste, …
Regroupés derrière l’idée commune d’en découdre avec le système publicitaire.

L’économie pédale dans la semoule et ne sait plus quoi inventer pour nuire
…a-t-on pu lire sur une affiche pour un quelconque gadget électronique, dont la publicité servait à trouver des débouchés à la production industrielle de cet objet, en "créant le besoin".
« Pédaler dans la semoule », c’est produire pour rien, c’est par exemple faire du harcèlement publiciatre en vain parce que les cerveaux saturent, faire des voitures énorme qui congestionnent le trafic et au final vont moins vite que les vélos, c’est travailler à produire des nuisances alors que d'autres travaillenet à réparer les nuisance (éboueurs, médecins, travailleurs de station d'épuration, et beaucoup d'autres encore), parce qu'on s'est mis en tête qu'il fallait Produire Plus. Mais au final, ce sont quand même nos cerveaux, nos poumons, les sols, le climat et bien d'autres éléments vitaux et qui trinquent.

Obéïs! Travaille! Consomme!
L’économie nuit gravement à la planète

Au saccage de l’environnement par Mégamachine économique, dont les tonnes papier de la pub ne montrent qu'une mince écume, nous répondons par le saccage des dispositifs publicitaires, dont la fonction est de faire tourner cette mégamachine. Jeunes pour la plupart, nous n'avons rien à perdre : ce système mène à la faillite écologique et sociale. Et nous comptons bien oeuvrer de toute nos forces et déployer notre Vie débordante d'elle-même dans les activités de protestations de ce système, pour induire soit un changement de direction, ou bien à défaut, nous aurons fait notre devoir d'humain avant son effondrement.
À l’acharnement du système industriel pour exploiter la moindre ressource de la planète pour en faire un marchandise, associé intrinsèquement à l’omniprésence du matraquage publicitaire pour donner des débouchés à cette production, des êtres vivants répondent par l’acharnement du barbouillage et de l’arrachage des pubs. Car malgré l’horreur du système économique, nous sommes encore en vie et nous nous permettons la transgression.

Sous la pub, la pub (sur une affiche arrachée exhibant d’autres affiches encore)

Sur la ligne 4, vision d’horreur. Une rame de métro entièrement couvert de plastique à la gloire d’un fabricant de boisson sucrée obésifiante et cancérigène. La RATP aurait-elle été rachetée par une multinationnale américaine ?
Avec ces nouveaux accessoires publiciatires, et tous les 4*3 qui couvrent les murs, ce ne sont pas des espaces raisonnables (quelques affiches 50*70 cm par exemple) mis à la disposition de l’information générale qui sont mis en oeuvre, mais ce sont les cerveaux des usagers, d’ailleurs de moins en moins réactifs, qui sont données en pâture par la RATP aux entreprises qui ne visent que le profit.
2% , c’est, rapellons-le encore une fois, la part de la publicité dans les recettes de la RATP. À ce prix là, ce n’est pas de la prostitution de l’espace public, c’est du viol. A ce prix là, c’est l’outil de production et l’espace de la RATP qui sont donnés aux publicitaires. Et qu’en est-il de l’usage des ressources humaines de la RATP? Il y a déjà les agents de sécurité et contrôleurs qui travaillent pour la pub, car ils verbalisent ceux qui touchent aux affiches, ou éteignent les lumières des placards. Et à l’avenir ? Les agents seraient-ils prêts, pour quelques dizaines d’euros de plus sur leur paye, à faire eux-mêmes de la publicité? Les conducteurs brandiraient des panneaux publiciataire en entrant dans les stations : originalité du procédé, impact garanti. Les guichetiers auraient des vêtement marqués. Les contrôleurs diraient à chaque contrôle : « Merci, j’ai parfaitement bien pu vérifier la validité de votre ticket grâce à mes lentilles/lunettes Machin » (je donne quelques idées aux publicitaires. Allez-y, comme ils semblent que la RATP soit à votre service, proposez-leur de leur payer ces prestations)
On peut douter que ce scénario ne se réalise jamais, quand on voit la hargne avec lequel les divers agents de « sécurité » défendent dans le métro, ces miettes démesurées du chiffre d’affaire de l’entreprise paraît-il publique. Il est vrai qu’à une autre époque, en d'autre lieu, au goulag, chaque miette comptait, et parce que
la publicité génère, entretient la frustation ,
le monde s’en trouve transformé en goulag économique géant.

Il y a plus de publicités dans le métro que d'affiches de propagande sous Staline.

Par exemple au sujet de la défense inconditionnelles de la pub par la sécurité RATP, l’association RAP (résistance à l’agression publicitaire) a eu récemment à traiter le cas d’un chômeur qui a été verbalisé de 67 euros, majorée à 375 par la suite, pour avoir collé un papier d’un format ridicule ( genre 9*13 cm) sur une affiche de pub, avec 4 point de colle-bâton transparente.

Complice de l’inhumaine productivité ?

« Vous êtes payés pour faire ça ? », a demandé un usager peu sympathisant de la cause lors de cette action. Certes non, nous ne sommes pas payés. On rit (beaucoup), on pleure (rarement), bref on vit. Et tout ça vaut beaucoup mieux que l’argent.
Des agents qui verbalisent la moindre dégradation politique contre la pub sont eux réduits à de pures fonction économiques automatiques : relever-papiers-encaissement, et c'est tout. En rouages de la machinerie sécuritaire, ils ne veulent pas en savoir plus que les essieux du métro ou les portillons tournant ce qu’il se passe, ils ont abandonné contre un salaire leur esprit critique, leur humanité. Ils miment une incapacité totale à distinguer une supposée menace de l’intégrité physique des voyageurs, avec une action de recouvrement de leur intégrité mentale. Pourtant d’après certains témoignages, il y a quelques années l’anti-publicité était mieux perçues de la part des agents.

Quoiqu’il en soit, l’action s’est fort bien déroulée, toujours avec le consentement muet ou explicite des gens. Qui approuve le « ils font semblant de créer des emplois, nous ferons semblant de travailler », qui me signale le manque de lisibilité de tel message, aussitôt corrigé…Personne ne s’est senti obligé d'obéir à son Devoir de Citoyen en allant prévenir le guichet de nos activités. À l’approche des fêtes « traditionnelles » complètement accaparée par l'économie en marchandisant tout ce qui touche à ce thème, on peut encore se permettre de gâcher la fête commerciale ?
Le père Noël fait des ordures...

Un Noël de luxe-
-et de gavage, comme d’hbaitude
-pour qui ?

Plus tu as, moins tu es

Privez-vous du nécessaire pour vous payer le superflu

L'agriculture industrielle épuise les sols et empoisonne la santé.

Notons que nombre de gens dans cette ville, en pleine "survie écononmique" (c'està dire sur le fil du rasoir entre revenus et dépenses...), mangent de la nourriture industrielle (voir http://www.passerelleco.info/article.php3?id_article=113 à ce sujet)et cherchent à tout prix à économiser sur le poste de dépense qu'est l'allimentation, mais ont de quoi se payer les objets électroniques largement vanté par la pub. Alors que bien se nourrir, ça ne coûte à peine plus cher, en tout cas bien moins que les objets électroniques industriels comme les téléphones multi-nuisances ou les assourdiseurs-crachouilleurs de musique. Et on n'en paye pas un prix sanitaire effarant à long terme.
Notons un certain parralèle entre des situations à priori entièrement différentes.
-l'aspersion d'herbicide sur des champs agricoles où poussent quelques mauvaises herbes
-l'expulsion de squats comme on en a vu beaucoup récemment à Paris
-le brûlage de forêts primaires par l'industrie du bois pour la production de papier
-le "nettoyage" rapide des stations (c'est-à-dire le fait de remettre des affiches neuves après des barbouillages) et les amemdes qui menancent les anti-pubs :
toutes ces actions relèvent de la même logique d'éradication totale par le système économique actuel de tout ce qui gêne un tant soit peu. Il s'agit de laisser homogène et lisse, non contrarié, en vue de leur exploitation maximum par la mégamachine économique, des terrains respectivement agricoles, immobiliers, sylvicoles, et mentaux.
Mais telles les herbes qu'on dit mauvaises des champs, qui en fait ne poussent que pour protéger le sol, l'anti-pub restera vivace et c'est la même Vie qui anime tout ce qui résiste à la Mort systématiquement imposée par la Mégamachine à tout ce qui n'est pas rentable et productif. La résistance à la publicité jaillaira spontannément, quoiqu'on y fasse, notre groupe même a parfois douté et est resté en dormance à certaines époques, pour en sortir sans ne savoir pourquoi...

Finalement, comme l’a aussi dit notre ami cité au début de ce compte rendu : « Conviés aux noces de la marchandise et de l'humain, fêtons au moins encore la joie d'être seulement en vie. Ne jetons pas du riz à la gueule de la mariée, mais encore et encore quelques-uns de nos pavés.
Voir son profilJeuf
25 décembre 2006 | lien  [X]
Même dans le pire brouillard, comme celui que je vois en ce moment en auvergne , le soleil passe encore et éclaire les choses;
Même sur les pires friche pollué, ou entre les plaques de groudron des villes, les herbes poussent toujours.
Même en antartique il y a des bactéries.
Même au coeur des villes ravagées par les combats lors de la deuxième guerre mondiale, il y avait des gens qui vivaient au milieu des décombres.
Est-ce ainsi qu'on peut interpréter, dans différents domaines, la phrase introductive du communiqué de se mystérieux groupe?

J'aurai encore à traduire, concernant l'usage du vélo en ville, et en rallongeant :
"Dans les intersectices de la chaussée, au milieu de l'agression permanente des engins qui entretetiennent sans fin leur présence et bruit inhumains, le cycliste, bien que réduit à l'usage souilleux du caniveau, déploie et sent se déployer la vie de ses jambes pleines d'énergie, qui déborde encore dans de longues trajectoires en roue libre. Mentalement, il cogne les voitures, klaxonne aux oreilles des automodébilistes, met la tête des usagers de deux-roues motorisés en plein dans leur moteur, et rêve encore la vélorution."

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