"Difficile de se remettre en cause lorsque l'on a été élevé au biberon médiatico publicitaire de la société de consommation. Un cocktail ressemblant étrangement à la Soma, drogue euphorisante décrite par Aldous Huxley dans "Le meilleur des mondes"."
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Procès de Bouygues contre des sites alternatifs (dont BAP)
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8 juin 2010 | lien
En décembre 2004, un texte qui dénonçait la participation de la société Bouygues aux chantiers des centres de rétention et appelait au lancement d’un mouvement contre l’entreprise, dans le cadre de la campagne anti-rétention qui s’est déroulée de novembre 2004 à avril 2005, était reproduit ou mis en lien sur les sites CNT, Indymedia, Pajol, et ici même. En janvier 2005, la société Bouygues a porté plainte contre la diffusion de ce texte.

Aujourd’hui, après cinq ans d’instruction, quatre personnes, dont les administrateurs des sites Indymedia, Pajol et BAP (ie: moi ^^), sont renvoyés en correctionnelle, pour avoir commis le délit de « provocation directe, suivie d’effet, à la commission de destructions, dégradations et détériorations dangereuses pour les personnes ».

Les défenseurs de la cause des sans-papiers, activistes mobilisés contre la politique d’immigration et antipubs de tout poil, sont appelés à manifester leur soutien aux personnes inculpées lors du procès qui aura lieu le 11 juin 2010 à 13h à la 17e chambre correctionnelle, Palais de Justice de Paris, bd du Palais Paris (métro Cité).


Voilà voilà... rendez-vous donc vendredi pour connaitre (enfin) le délibéré.
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8 juin 2010 | lien
Voir également l'article Le groupe Bouygues s’attaque à des médias alternatifs sur bastamag.net
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11 juin 2010 | lien
Compte-rendu du -court- procès: il faudra attendre le 9 juillet pour savoir si l'affaire est annulée (à cause de points de procédures et de la durée anormalement longue de l'instruction) ou... reportée à plus tard.

Merci en tout cas à tous ceux venus nous soutenir ^^
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24 juin 2010 | lien
Un texte du philosophe Jacques Rancières écrit à cette occasion:

Citation:

Note sur la notion de sabotage



"Ce mot de « sabotage » naguère inconnu et qui a fait une étonnante fortune comporte des significations très variées ». Il ne signifie pas nécessairement l’acte de détruire (auquel cas il tombe sous le Code Pénal) …mais tout acte qui consiste à rendre le travail improductif, soit par nonchalance ( On dit en Anglais faire ca’ canny), par excès d’application (c’est ce qu’on appelle perler le travail ) ou par une observation méticuleuse des règlements (exemple dans une grève des chemins de fer en Italie), qui a pour résultat de rendre le service impossible. Sous ces diverses formes, le sabotage échappe évidemment à toute répression"

Ces lignes empruntées au Cours d’Economie politique de Charles Gide (II, 351) marquent bien la pluralité de significations du mot de sabotage et l’impossibilité d’identifier son idée à celle d’une action violente de destruction. Celui qui consulte un dictionnaire de la langue française au XIX° siècle est, de fait, surpris de ne pas trouver cette idée parmi les divers sens du mot qui comportent entre autres l’action de fabriquer des sabots, celle de fouler le drap avec des sabots ou celle de fixer des coussinets aux traverses des chemins de fer. Littré date de 1838 l’apparition d’un sens nouveau de la notion : l’idée de mal faire son travail. Cela veut dire par exemple que les pratiques de destruction opérées par les luddites anglais opposés à l’introduction des machines à tisser n’étaient pas qualifiées de sabotage. Et les syndicalistes révolutionnaires qui lancèrent en France à la fin du XIX° siècle des pratiques de lutte ouvrière importées d’Angleterre ne mettaient aucunement en avant des objectifs de destruction matérielle. Emile Pouget le souligne dans sa célèbre brochure sur le sabotage de 1897. Le sabotage consiste d’abord à s’opposer au patronat selon sa propre logique : puisqu’il considère le travail comme une simple marchandise échangeable contre d’autres à son prix, les travailleurs doivent prendre ce principe au mot et fournir un travail équivalent au prix reçu, donc un mauvais travail pour une mauvaise paie.

L’application de ce principe peut prendre des formes variées, comportant des formes de détérioration. Mais ces formes n’ont rien à voir avec les pratiques de violences contre les personnes, pratiquées à l’époque par des attentats anarchistes. Les anarchistes ouvriers qui militent dans les syndicats opposent justement à ces pratiques individuelles des pratiques collectives de lutte des classes. L’extension de sens du mot sabotage est déterminée par là.

S’il s’identifie, au départ, avec un principe de riposte économique à une domination économique, il en est venu à qualifier toute action visant à entraver l’action de celui contre lequel on se bat. Cela veut dire que la composante symbolique du coup porté à l’adversaire compte plus que la réalité d’un dommage provoqué à l’encontre de ses biens. Ce qui se sabote, c’est une puissance, une autorité, une image. L’idée implique que l’entreprise contre laquelle on se bat est elle-même un rouage d’un système d’exploitation économique du travail, d’oppression politique sur les individus et d’assujettissement idéologique des esprits. On comprend aisément que la notion s’emploie tout naturellement à l’égard d’une entreprise du bâtiment qui construit pour le compte de l’Etat des centres de rétention destinés à ceux qui viennent dans un pays demander du travail, vend des services téléphoniques et possède une télévision dont les liens avec un pouvoir politique sont patents. Il est significatif, quoique l’on pense de la campagne de « sabotage » de Bouygues, de constater que cette campagne n’a pas été lancée contre une entreprise ordinaire du bâtiment mais contre un empire économique qui est indissolublement un empire politique et idéologique. Par là même la notion de sabotage doit recevoir son sens le plus large de lutte contre un ordre dominant qui s’exerce aussi par les voies les plus immatérielles.

Il est également significatif que certaines entreprises entendent annihiler les critiques dont elles sont l’objet en niant leur caractère symbolique et en les ramenant à des actions qualifiées pénalement. La rhétorique de ceux qui s’opposent à l’ordre dominant a toujours fait appel et fera toujours appel à des notions telles que la destruction, le sabotage ou autres. La vie publique et le débat d’idées vivent de l’usage de telles notions qui débordent les qualifications juridiques. Elles périraient si s’imposait la pratique qui consiste à transformer les mots et les formules de la lutte politique, économique et idéologique en des incitations au crime et à la délinquance. L’histoire récente, avec l’usage des notions de sabotage ou terrorisme par exemple, montre une dérive en ce sens, une tendance à criminaliser le langage de la lutte politique, sociale ou idéologique radicale qui ne peut manquer d’inquiéter le citoyen comme le philosophe ou l’historien. Pour que le débat démocratique vive, il doit être possible de continuer à appeler à la « destruction « de l’appareil d’Etat ou au « sabotage » d’une puissance économique sans être mis au rang des incendiaires et des terroristes.
Voir son profilNrv
28 juin 2010 | lien
http://www.politis.fr/Bouygues-contre-les-webmestres,10924.html

Bouygues contre les webmestres

Comme l’expliquent les webmestres poursuivis par Bouygues pour délit de « provocation directe, suivie d’effet, à la commission de destructions, dégradations et détériorations dangereuses pour les personnes », le procès « a failli avoir lieu le 11 juin ». Petit rappel des faits : en 2004, une semaine d’action est organisée contre la société Bouygues pour sa participation à l’industrialisation de l’enfermement et de l’expulsion. Le géant du béton est en effet un des principaux maîtres d’œuvre des centres de rétention qui se multiplient. Divers tracts ayant été reproduits sur les sites Internet d’Indymedia-Paris, de z-pajol, de la CNT et de la Brigade antipub, et quelques boutiques et un chantier ayant été tagués, Bouygues a porté plainte… contre les quatre webmestres ou personnes assimilées à cette fonction. Faute de grives, on mange des merles !

Après quatre longues années de report de l’instruction puis du procès, tout est allé très vite. L’une des avocates des accusés, Irène Terrel, a plaidé la nullité. Bouygues n’avait qu’un défenseur supplétif (Me Metzner étant retenu par l’audience autrement plus médiatique de Jérôme Kerviel), et le président a écourté. Décision le 9 juillet. Me Maugendre, défendeur d’Isabelle, de z-pajol, a tenu à peu près ce langage au tribunal : depuis quinze ans, une association, le Gisti, a pu constater la faillite juridique (abaissement des droits et libertés des migrants), financière et humaine de la politique européenne de fermeture des frontières et d’immigration zéro. D’où la réflexion autour de la liberté de circulation menée par l’association et largement endossée par d’autres, y compris des politiques (du PS aux Verts). La demande d’arrêt de la construction des centres de rétention en est un corollaire.

La semaine d’action organisée en 2004 était donc légitime, surtout  à l’époque de la seconde loi Sarkozy sur l’immigration, et de l’augmentation des quotas, de la durée de rétention et du nombre de places (+ 900). Voilà pour le contexte dans lequel le tract incriminé a été écrit et diffusé. Ce texte est-il une provocation ? Rien de tel dans le tract, affirme Me Maugendre. Le terme « sabotage » ? Jacques Rancière, professeur émérite au département de philosophie de Paris-VIII, a écrit un texte pour l’occasion, intitulé « Note sur la notion de sabotage », dans lequel il explique que, non seulement « sabotage » a diverses significations (fabriquer des sabots ou fouler le sol avec des sabots, par exemple) ne donnant pas lieu à répression, mais qu’il est une tradition ouvrière, une forme de « riposte économique » où les travailleurs prennent le principe du travail/marchandise au mot en fournissant un mauvais travail pour une mauvaise paie. Puis le sabotage « est venu qualifier toute action visant à entraver l’action de celui contre lequel on se bat. La composante symbolique du coup porté à l’adversaire compte plus que la réalité d’un dommage provoqué à l’encontre de ses biens. Ce qui se sabote, c’est une puissance, une autorité, une image ». Et c’est précisément ce que Bouygues, qui préfère évoquer des « dégradations », ne supporte pas.
Voir son profilSquad
8 juillet 2010 | lien
Citation:
Compte-rendu du -court- procès: il faudra attendre le 9 juillet pour savoir si l'affaire est annulée (à cause de points de procédures et de la durée anormalement longue de l'instruction) ou... reportée à plus tard.


Merde pour demain !
Voir son profilMartin
9 juillet 2010 | lien
Merci Squad, tu nous a porté chance !!

In Le procès de Bouygues contre les webmasters n'a pas eu lieu:

Citation:
Le tribunal correctionnel de Paris a annulé vendredi les poursuites du groupe Bouygues contre des administrateurs de sites qui avaient appelé au sabotage de l'entreprise en 2004.

"On aurait voulu que l'affaire soit examinée au fond. Au moins, cela aurait permis de clarifier les choses." Une déclaration étonnante de la part d'un ex-prévenu tout juste relaxé des poursuites engagées à son encontre.

Ce webmaster désireux de garder l'anonymat était poursuivi avec trois autres personnes pour avoir diffusé, en décembre 2004, des appels à une semaine d'action contre le groupe Bouygues. A l'époque, ils entendaient protester contre la construction par le géant du BTP de centres de rétention en Europe. Selon l'accusation, des dizaines de magasins du groupe avaient alors été saccagés.

Si le lien entre ces dégradations et les publications des différents sites visés (Réseau anti-pub, Indymedia Paris, Pajol, CNT) n'a pas été prouvé, ce n'est pas sur ce fondement que le tribunal a prononcé la nullité des poursuites. Le tribunal a surtout retenu deux points de pure forme. Tout d'abord, une certaine abstraction: avant le procès, les prévenus ne s'étaient pas vus préciser les peines encourues. Ensuite, la longueur excessive de l'instruction: 4 ans et 3 mois.

Bien que soulagée pour son client, l'avocate Me Agathe Livory regrette, elle aussi, l'absence de débat sur le fond: "Le grand déballage n'a pas pu avoir lieu." Les webmasters auraient voulu que ce procès soit l'occasion de dénoncer les pratiques de l'entreprise en matière de construction de centre carcéraux. De son côté, l'avocat de Bouygues, Me Benjamin Grundler, s'est accordé un temps de réflexion avant de décider s'il convient de faire appel: "Nous ne savons pas encore si nous le ferons, il y a un problème d'interprétation des textes, nous prendrons notre décision en début de semaine prochaine."

(lexpress.fr)

Yeah!
Voir son profilJeuf
16 juillet 2010 | lien  [X]
"Me Benjamin Grundler, s'est accordé un temps de réflexion avant de décider s'il convient de faire appel"

Fort bien.
S'il s'ennuie, ou s'il veut de l'argent, ou s'il pense que les adminsitrateurs des sites mérientent franchement d'être punis,
ou toute autre raison,
il se convaincra lui-même, et convaincra son client Bouygues, de toute la pertinence que revêt cet appel.

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19 mai: Le Publiphobe n°159 est disponible.

13 avril: "Hacked By Hackerking" à télécharger dans la catégorie Audios.

4 novembre: "pochoirs" à télécharger dans la catégorie Autocollants.

3 juin: "La Bulle économique" à télécharger dans la catégorie Vidéos.

19 janvier: 1 photo ajoutée dans Hacked By Erfan80.

9 mars: "La captation des désirs" à télécharger dans la catégorie Autocollants.

28 novembre: 1 photo ajoutée dans Hacked By Erfan80.

7 janvier: 1 photo ajoutée dans Hacked By Erfan80.

12 octobre: 1 photo ajoutée dans Hacked By Erfan80.

10 juin: Le Publiphobe n°114 est disponible.



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