Enfin c'est ce que l'on pouvait se dire en parcourant le métro parisien jeudi soir, plus d'une centaines d'affiches antipubs ont en effet trouvé place dans les couloirs souterrains !
Voici une première salve de photos:
Du côté d'Odéon / Sèvre-Babylone
Un double panneau curieusement laissé ouvert...
L'art moderne ?
(d'autres photos, couvrant la vingtaine de stations de métro touchées par ce phénomène, devraient suivre très prochainement dans la
galerie)
Voilà, donc je ne sais pas qui est à l'origine de cette action, mais dans le doute, je remercie la RATP et JC Decaux pour avoir eu le courage de mettre leur très chers panneaux d'affichages
publicitaires à la disposition du... public justement.
Une politique à mon avis bien sympathique et qui mériterai d'être poursuivit.
Mais où étaient donc passé les militants parisiens ces dernières semaines?
On ne sait pas trop. Quoiqu'il en soit, ils ont remis hier ce qu'il avait
fait le 14 mars 2008, on s'en souvient :
http://www.bap.propagande.org/modules.php?name=Forums&file=viewtopic&t=3226
Ils ont répondu, au péril de leur pureté judiciaire, à l'avalanche d'images promouvant la gloire lamentable d'ineptes marchandises.
Je plains de tout mon coeur les personnes tels que les afficheurs,
publicitaires, GPSR, policiers, cadres métrobus, etc., condamnés à
travailler pour ce système qui les présurise toujours plus pour produire des erzats de ce dont ils ont été dépossédés, créer des besoins, protéger les dispositif de création de besoins, etc. Alors qu'on aurait pu se contenter de produire le nécessaire et être tranquille pour faire le reste tranquillement!
Ces êtres humains portent à bout de bras ce Système Publicitaire auquel plus personne ne croit, étant donné la grande sympathie dont nous avons bénéficié de la part de Tous les Etres Humains croisés ce soir là. Y compris de la part d'un groupe d'une quinzaine d'agents en civil de la Police Ferroviaire, qui terminaient ensemble dans la convivialité, leur journée de travail.
On l'aura compris, le problème, l'inquiétant, n'est pas vraiment dans ces personnes déviantes qui se sont permises de s'exprimer un peu à la place des grandes entreprises et outrepassant à leur grand regret et dernier recours les Codes de Lois,
mais plutôt dans cette machinerie économique de transformation/destruction de l'Homme et de la Nature, à laquelle nous sommes tous sommés de plus ou moins de collaborer,
ce que le philosophe J. Ellul avait déjà compris dès les années 1950 (
lire ici)
Les militants un peu utopistes, parti d'un point où verdoyaient les
paturins annuels, les amaranthes, mercuriales, et cent autres plantes vivantes, sont retournés après l'action dans les champs, pour un repos bien mérité.
D'autant plus qu'il suffit de voir le nouveau Réglèment Local de Publicité parisien pour constaté que nos actions servent, même si elles ne vont bien sur jamais aussi loin qu'on le souhaiterait.
""L'utopie est à l'horizon.
Quand je fais deux pas vers elle, Elle s'éloigne de deux pas.
Je fais dix pas et elle est dix pas plus loin.
À quoi sert l'utopie ? Elle sert à ça, à avancer."
(Eduardo Galeano)