"L'un des pires démons de la civilisation technologique est la soif de croissance."
- René Dubos (Biochimiste américain)
Forum - Appels
23-24 juin collectifs des déboulonneurs
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18 juin 2006 | lien
le site de soutien aux déboulonneurs a écrit:
Le Collectif des déboulonneurs de Paris vous solicite à nouveau pour venir apporter votre soutien à la 8ème action de barbouillage. Le rendez-vous est fixé le vendredi 23 juin à 18h00 très précises à l'angle de l'avenue des Champs-Elysées et de la rue de la Boétie.

Cette action se déroule à la veille du procès de deux barbouilleurs à Montpellier (mardi 27 juin) et alors que la précédente action parisienne, qui pour la première fois était annoncée publiquement, a vu l'interpellation de 9 barbouilleurs. L'action du mois de juin est donc une étape importante et le soutien d'un public nombreux est plus que nécessaire. Pour rappel, ne pas hésiter à relire la charte (disponible ici), qui explique le mode d'action et les revendications.

Proposer à ses ami-e-s de réserver le créneau horaire ci-dessus et inviter-les à relayer l'information à leur tour. Il n'y a aucune prise de risque pour les spectateur/rice-s (seul-e-s les barbouilleu/r/se-s risquent l’interpellation).

Pour envoyer des dons financiers (même modestes, en vue des procès avenir…) :
Collectif des deboulonneurs, 24 rue louis blanc, 75010 paris.

Pour Paris Contact presse : 06 99 06 22 88 . deboulonneurs.paris@no-log.org

Pour les contacts de Rouen, Montpellier, du Mans, du Gard et Lyon, se rendre sur les rubriques consacrées à ces villes.

http://soutiendeboulonneurs.free.fr
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21 juin 2006 | lien
Salutations,

cet appel (lu sur Bellaciao) est à diffuser largement. Plus nous serons nombreux, plus l'action aura d'effet !



Déboulonneurs : le vendredi 23 juin à 18 heures, tous aux champs-Elysées avant le procès de Montpellier !

A quatre jours du procès de deux membres du Collectif de Montpellier, le Collectif des déboulonneurs de Paris appelle à un rassemblement massif sur les Champs-Elysées, pour soutenir et participer à la 8ème action non-violente de barbouillage anti-publicitaire.

Rendez-vous :


le vendredi 23 juin, à 18h00 très précises

à l’angle de l’avenue des Champs-Elysées et de la rue de la Boétie



Action non-violente de désobéissance civile, sans risque pour les
spectateurs : seuls les barbouilleurs risquent l’interpellation. Parce
qu’ils considèrent leur action comme légitime, ils sont prêts à la
revendiquer jusque devant les tribunaux.




Vous voulez barbouiller ? Renseignements sur place auprès des membres du Collectif.


Lors de sa précédente action, le 26 mai, le Collectif des déboulonneurs de Paris a réussi, malgré la protection rapprochée d’un cordon de police, à barbouiller trois panneaux ’Avenir’ à l’angle du boulevard Voltaire et de la rue Amelot (11è). La police a alors procédé à l’interpellation de 9 militants antipublicitaires, sous les applaudissements du public venu les soutenir et en présence de plusieurs médias.


Procès le 27 juin à Montpellier : deux Déboulonneurs revendiqueront et expliqueront leurs actes devant le tribunal correctionnel de Montpellier. Ce procès sera précédé sur place d’une journée d’action et de débats en présence de nombreux intervenants, le samedi 24 juin.


Le Collectif revendique une taille maximale de 50 cm par 70 cm pour l’affichage commercial (déjà en vigueur pour l’affichage associatif et politique à Paris), accompagnée d’une contrainte stricte de densité, et la suppression des panneaux lumineux et animés. Ce changement de la loi sur l’affichage permettra de créer une première brèche au cœur du système publicitaire.


Nous continuerons à dégrader les panneaux publicitaires en public, de manière assumée et non-violente, jusqu’à obtenir gain de cause. Ces actions ont lieu tous les 4èmes vendredis du mois dans un nombre croissant de villes en France : Rouen, Paris, Lyon, Montpellier, Le Mans, Lille, etc.


Un aperçu de nos bienfaits : http://www.deboulonneurs.org


Collectif des déboulonneurs de Paris
Contact presse Paris : 06 62 60 06 12
http://www.deboulonneurs.org - deboulonneurs.paris[at]no-log.org
Pour soutenir les inculpés : chèque à l’ordre du Collectif des
déboulonneurs - 24 rue Louis Blanc, 75010 Paris.
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24 juin 2006 | lien
À lire sur le site de Libération, Quand la pub devient la cible par Laure Nouhalat
http://liberation.fr/page.php?Article=392564
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25 juin 2006 | lien

Photo : Fred Dufour AFP/AFP

vendredi 23 juin 2006, 21h06
Dix antipub interpellés à Paris pour des slogans sur des panneaux d'affichage

PARIS (AFP) - Dix militants antipublicité du "collectif des
déboulonneurs" ont été interpellés vendredi après-midi pendant quelques heures après avoir barbouillé des panneaux publicitaires à affichage mobile sur les Champs-Elysées à Paris. Ils ont tous été relâchés peu avant 21h00, a indiqué l'un d'entre eux, Alex Baret.

Cette 8ème action mensuelle des "déboulonneurs", qui souhaitent se faire arrêter pour plaider leur cause devant l'opinion et la justice, se tenait à quatre jours du procès à Montpellier de deux d'entre eux, devant le tribunal correctionnel. Lors de la précédente opération, le 26 mai, pour la première fois, neuf d'entre eux avaient été interpellés. En présence d'une centaine de personnes, sympathisants ou spectateurs, et sous la surveillance de plusieurs dizaines de policiers, les militants ont barbouillé des slogans tels que "Pollution mentale", "Anesthésie mentale" et "La pub à la poubelle", sur des panneaux d'affichage près d'une célèbre boîte de nuit.

Les panneaux étaient bloqués sur une campagne de la sécurité routière. Les déboulonneurs ont accusé l'afficheur d'en avoir délibérément arrêté le déroulement. "Ils ont arrêté ces panneaux pour nous discréditer", a déclaré David Sterboul, affirmant avoir vu les publicités défiler normalement une heure plus tôt.

Les participants s'étaient retrouvés vers 18h00 un peu plus bas sur l'avenue. Un des fondateurs du collectif, Yvan Gradis, a rappelé la revendication du groupe : l'interdiction des affiches commerciales excédant 50 x 70 cm, soit la taille de l'affichage associatif à Paris. "Est-ce que les marques commerciales ont quelque chose de plus intéressant à nous raconter que les opinions et les associations?", a-t-il demandé.

Alex Baret a appelé à ne pas empêcher la police d'arrêter les militants. Puis les participants ont entonné "Le barbouilleur", une adaptation antipublicitaire du "Déserteur" de Boris Vian, avant de se diriger vers les panneaux d'affichage.

Lorsque la police est intervenue, la foule a scandé : "Laissez-les terminer!". "Maintenant, les barbouilleurs vont se faire interpeller", a prévenu David Sterboul, ajoutant : "Les barbouilleurs, vous sortez vos cartes d'identité!".

Dix "déboulonneurs" brandissant leur pièce d'identité et leur bombe de peinture ont ainsi été emmenés sous les applaudissements de la foule par la police, qui les a fait monter dans un fourgon après les avoir fouillés.

"Tout s'est très bien passé, tout a été très cordial", a déclaré Alex Baret, peu après sa sortie du commissariat. "C'est très agréable de voir qu'on fait un acte qui est légitime et qui est compris", a-t-il ajouté au sujet de l'attitude de la police, y voyant le fruit de la non-violence" prônée par les "déboulonneurs".


Photo : Fred Dufour AFP/AFP
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26 juin 2006 | lien
Un superbe reportage photos sur l'action parisienne ici : http://antipubs.canalblog.com/albums/deboulonneurs__action_viii/index.html

Voir son profilCr0s
27 juin 2006 | lien
Je suis allé vendredi dernier et il y avait une très bonne ambiance .. malgré les 4 camionnettes de CRS, les policiers en civile, les caméscopes qui films les manifestants...
une question: aucune plainte de déposer ? juste 3 heures au poste ?
Voir son profilNrv
28 juin 2006 | lien
oui, pour l'instant rien de plus.
Voir son profilLivethrobbe
28 juin 2006 | lien
Déboulonneurs - Compte-rendu barbouillage parisien du 23 juin 2006


1- Le huitième barbouillage mensuel (action de désobéissance civile en légitime réponse) et le rendez-vous avaient été annoncés la veille par le journal 20 Minutes, le jour même par Libération (la une, plus une pleine page) et Métro (Paris), ainsi que par la radio Ici et maintenant. Vers 17 heures, deux militants constatent que les huit panneaux déroulants Avenir (propriété de JCDecaux) visés, à l’angle des Champs-Élysées et de la rue de Berri, fonctionnent normalement : trois affiches (deux marques commerciales et une campagne sur la Sécurité routière).

2- À 18 heures, une petite centaine de personnes se retrouvent au lieu du rendez-vous, à l’angle des Champs-Élysées et de la rue La Boétie. Sept fourgons de la police les attendaient, le long du trottoir. Photographes et journalistes sont présents (AFP, AFP vidéo, France 3...). À 18 h 10, deux des fondateurs du Collectif des déboulonneurs s’adressent au public du haut de deux tabourets disposés côte à côte. L’un présente le pourquoi (revendication du format 50x70) et le comment du « travail politique, social, environnemental » qui va être exécuté, avant de lire, nom de rue oblige, quelques lignes du Discours de la Servitude volontaire de La Boétie. Il cite aussi quelques personnalités favorables au procédé du barbouillage antipublicitaire : Alain Finkielkraut (philosophe), Edgar Morin (sociologue), Hubert Reeves (astrophysicien), Michel Serres (philosophe).

3- L’autre membre du collectif enchaîne en accueillant la police comme il se doit et rappelant les manifestants au respect des forces de l’ordre. On entonne « Le Barbouilleur » sur l’air du « Déserteur » de Boris Vian. Vers 18 h 20, juste avant que le groupe ne quitte l’angle de la rue La Boétie pour gagner l’angle de la rue de Berri, les policiers font savoir qu’ils ne s’opposeront pas au barbouillage et n’arrêteront les barbouilleurs qu’ensuite. Incidemment, quatre policiers en civil ont avoué à un autre fondateur du Collectif qu’ils approuvaient les actions de ce dernier.

4- Vers 18 h 30, une fois parcourus les cent et quelques mètres qui séparent les manifestants du lieu de l’action, on découvre avec stupéfaction que les huit panneaux déroulants ne défilent plus : ils sont immobilisés sur l’affiche de la Sécurité routière. Comme par hasard ! Sûrement le fait des employés de JCDecaux, dont la camionnette a été vue à proximité. Sans doute l’afficheur a-t-il voulu, par ce procédé mesquin, tenter de discréditer l’action des barbouilleurs. Cinq panneaux sur huit sont barbouillés devant caméras et appareils photo, et sous la bonne garde des policiers bienveillants, lesquels finissent toutefois par trépigner d’impatience d’entrer en action... Après avoir laissé les barbouilleurs terminer leurs inscriptions aussi esthétiques ou poétiques que subversives, ils les interpellent.

5- Les militants brandissent leurs cartes d’identité en signe de coopération avec les forces de l’ordre : dix antipublicitaires sont embarqués dans un même fourgon, sous les applaudissements de la foule. Vers 18 h 50, le convoi démarre pour remonter les Champs-Élysées. Sirènes et gyrophares. Après un passage par la place de l’Étoile, les dix barbouilleurs sont emmenés au commissariat de la rue du faubourg Saint-Honoré (8e arrondissement).

6- Cinq d’entre eux seront interrogés sur place, tandis que les cinq autres seront transférés au commissariat de la rue de la Faisanderie (16e arrondissement) : les policiers avouent, en effet, être pressés d’en finir avec ces « bienfaiteurs », car ils brûlent de rejoindre leurs fauteuils de téléspectateurs pour regarder des hommes-sandwichs taper du pied dans un ballon sur une pelouse entourée de panneaux publicitaires.

7- Les barbouilleurs sont relâchés vers 20 h 30, heure à laquelle les passants peuvent encore profiter des inscriptions sur les panneaux des Champs-Élysées, pas encore « débarbouillés » par les employés de l’afficheur. L’AFP publie une dépêche moins d’une heure après. Le lendemain, l’action est évoquée par les radios France-Info et RTL ; par la chaîne BFM TV ; par le journal Le Parisien.

La vidéo de Dadaprod :

http://www.dadaprod.org/index.php?mode=samizdat&id=18
Voir son profilTassie-devil
29 juin 2006 | lien
Collectif des déboulonneurs de Rouen, le 22 juin :
Que 15 activistes antipublicitaires non-violents se retrouvent à 17h. Après l’accueil des personnes qui viennent pour la première fois, et le rappel du déroulement des opérations, le groupe part avenue Jean Rondeaux. Cette grande avenue bordée d’arbres, située rive gauche après le Pont Guillaume-Le-Conquérant, est toujours embouteillée de 7h30 à 19h. Les voitures y circulent par groupes de cinquante environ, avec des arrêts répétés et longs entre les feux rouges. Or les afficheurs JCDecaux, Avenir et Clear Channel exploitent le phénomène de ces embouteillages en agressant les automobilistes avec une publicité commerciale tapageuse !

17h20 : le barbouilleur enjambe la double passerelle placées en contre-bas de deux panneaux Avenir. Il sort ses bombes de peinture et les agite bien, pendant que les autres activistes devenus 17 se mettent une feuille A4 jaune dans le dos avec du scotch double face à moquette.

Un panneau déroulant est recouvert du graffiti « Nous, vous, des cibles ? », puis l’autre avec « Pub = pollution ». Les lettres sont épaisses, en noir et orange. Excellent et beau visuel. Sur la feuille A4 jaune que chacun porte depuis le début du barbouillage, on retrouve la même littérature que celle des graffitis. Les journalistes sont là. Ils connaissent leur métier. Tout va bien. Mais que se passe-t-il dans les voitures ?
Oh surprise, il y a des personnes dans les voitures ! Elles voient calmement les panneaux barbouillés ! Elles ont le temps de se faire une idée par elle-même du message qu’on cherche à faire passer avec non-violence. Plus de 500 tracts sont distribués en moins de vingt minutes, avec sourire et petits mots sympas.. Ils expliquent pédagogiquement le pourquoi et le comment de l’action du Collectif des déboulonneurs qui sévit aussi à Paris, Lyon, Montpellier, Le Mans, mais aussi Anduze, Lille et d’autres villes encore. Ce tract annonce aussi le procès de deux barbouilleurs montpelliérains, Jean-François Lenoir et Geoffroy Maguet, qui passent en correctionnel le 27 juin.

Sur les centaines de voitures arrêtées, seules trois ou quatre occupants ont été « pas du tout réceptifs » à notre action, « ben moi j’aime bien la pub ! » a lancé l’un d’eux. L’activiste répond par un petit signe sympathique et respectueux, ce qui permet d’apaiser la tension au lieu qu’elle ne se transforme en affrontement verbal. Une dame a même fermé sa fenêtre et bloquée les quatre portes de sa voiture en voyant qu’une jeune fille du groupe s’apprêtait à lui donner notre tract ! À part ces rares faits, la quasi-totalité des automobilistes a manifesté une réaction allant de l’étonnement sympathique à des applaudissements, avec souvent des propos de soutien, du genre « vous avez bien raison », « je suis d’accord avec vous », « vous êtes gonflés, c’est bien », « mais oui, raz-le bol de la pub, ici et partout », « merci, je vais lire tranquillement votre tract »...

17h40 : toujours pas de policiers en vue. Comme prévu, une petite concertation a lieu pour sortir du chapeau la suite du plan : le barbouilleur va à pied se livrer à l’hôtel de police, accompagnés par les activistes qui le désirent. Nous ne sommes pas nombreux en étant seulement une quinzaine, mais on nous repère bien avec les feuilles A4 dans le dos.

17h50 : arrivée devant l’hôtel de police. Nous ne sommes pas attendus ! Le barbouilleur salue les ami(e)s devant l’entrée puis s’engouffre seul dans le commissariat de la Répubique. Où doit-il aller ? Il le demande à une policière, franchement décontenancée, par ces termes : « je viens d’écrire deux graffitis antipublicitaires sur deux grands panneaux déroulants… », « mettez-vous dans la file d’attente de l’accueil ! ». Et voici que le barbouilleur se retrouve debout, dans une file d’attente, avec à la main deux bombes de peinture dégoupillées, derrière un monsieur qui râle parce que sa voiture est partie en fourrière… Le groupe des déboulonnuers attend dehors, sans faire d’atroupement. Trois policiers sortent successivement pour se rassurer qu'aucune émeute ne se prépare. Le barbouilleur explique son cas, plusieurs fois… , et finit dans le bureau d’un policier pour y faire une déposition dans laquelle il certifie son délit et l’explique, ne parlant toujours que de lui, répondant toujours par « je n’ai rien à déclarer » à toute question ne se rapportant pas directement à son acte de désobéissance civile. La déposition est communiquée au Parquet à 19h. Le magistrat de service ne prononce aucune garde à vue immédiate.
19h15 Le barbouilleur repart chez lui.
Lendemain matin : les deux panneaux déroulants sont nettoyés par Avenir.

Samedi 24 juin : un bon et fidèle article, avec photo, dans Paris-Normandie.
Dimanche 25 juin : idem dans Liberté-Dimanche.
Voir son profilMartin
1 juillet 2006 | lien  [X]
Nouvel article/interview de Libération, datant du 28 juin:

Les déboulonneurs veulent un retour du politique

Citation:
C'est mardi à Montpellier que s'ouvre le procès de deux Déboulonneurs, qui se réunissent le dernier vendredi de chaque mois dans de nombreuses villes de France pour barbouiller panneaux et affiches publicitaires dont ils ne supportent plus l'omniprésence dans leur environnement. Un acte délictueux passible de 75 000 euros d'amende et de 5 ans d'emprisonnement.

Paul Ariès est politologue, auteur de différents ouvrages. Il réagit à ce phénomène et à ce collectif antipub né l'automne dernier.


Les actions illégales et légitimes se multiplient, faut-il y voir un signe de réappropriation de l'espace public et collectif?
La désobéissance civique n'est pas le retour de l'illégalisme anarchisant de la fin du 19e-début 20e. Les vieux anars illégalistes vouaient une haine à la démocratie et considéraient les peuples comme des troupeaux. Ils n'avaient pas foi dans la loi : ils ne croyaient pas en la possibilité d'améliorer collectivement les choses. Les Déboulonneurs et autres faucheurs d'OGM sont des légalistes déçus par l'incurie actuelle du législateur incapable à leurs yeux de faire des lois qui protègent les générations futures et défendent certaines valeurs. Ils veulent un retour au politique, par la modification des lois, par l'établissement d'un rapport de force plus favorable.

Sont-ils directement issus des mouvements alter?
En quelque sorte... Depuis quelques années, on assiste à un développement important de l'alter-consommation : commerce équitable, commerce éthique, associations de maintien de l'agriculture paysanne, agriculture bio, etc. Cette plongée dans la société civile a donné des fruits. Cependant que cela ne suffit pas, car non seulement on ne remet pas en cause les logiques dominantes, mais le système parvient sans trop de peine à récupérer et à digérer ces formes de contestations et d'alternatives: le bio dans les hyper, la nouvelle loi sur le commerce équitable qui en neutralise la puissance de transformation sociale, etc.. Beaucoup de déçus et d'exclus de la consommation ressentent donc un besoin de retour au politique. Soit en interpellant les élus, soit en prenant part aux élections, soit en prenant la responsabilité de violer une loi qui transgresse à leurs yeux des principes moraux et juridiques majeurs. Nous assistons donc bien à une volonté de resituer le questionnement et les pratiques consuméristes sur le terrain politique.

Ces transgressions sont-elles véritablement illégales?
Les actions de désobéissance civique ne sont pas des actions illégales au sens politique du terme. Elles sont faites à visage découvert, toujours en revendiquant la responsabilité des actes/délits. Nous sommes totalement à l'opposé d'apprentis terroristes et de saboteurs aux petits pieds... La désobéissance civique est un acte politique, un geste symbolique fort pour pousser les autorités à réagir. On viole une loi pour en appeler à une loi supérieure.

Le débat public doit-il vraiment avoir lieu dans un tribunal?
Le droit, ce n'est pas la vie mode d'emploi, c'est de l'interprétation, c'est une tension entre des normes. Le juge doit se prononcer en tenant compte des faits mais aussi du contexte et des motivations. On peut être relaxé parce qu'on a volé en état de nécessité. Les Déboulonneurs transgressent une règle parce que l'Etat ne remplit pas sa fonction protectrice des plus faibles. Les grands mouvements de société ont toujours connu une phase judiciaire : avortement, objection de conscience, etc.

Faut-il craindre la récupération de ces mouvements par les publicitaires?
On sous-estime toujours la capacité de récupération du système qui sait fort bien digérer les alternatives. Il n'y a qu'à voir comment le commerce équitable est devenu un segment commercial supplémentaire au lieu d'être un instrument pour moraliser l'ensemble de la vie économique pas seulement dans les relations Sud/nord mais Nord/nord. Les grands distributeurs l'ont parfaitement compris en créant leurs propres marques de commerce éthique ou équitable.Plus que jamais, la grande question n'est pas «comment consommer différemment» mais «comment consommer beaucoup moins».

Vous pensez à une grève de la consommation...?
On ne peut malheureusement remplacer la manif par le salon écolo ou la foire bio comme moyen de changer la société. Toutes les conditions sont réunies pour qu'un mouvement anti-consommateur se développe dans les prochaines décennies. A l'heure où faire la grève du travail est de plus en plus difficile, et de moins en moins efficace, il est indispensable que les peuples redécouvrent d'autres façons de dire leur colère, de porter leur revendication, d'exister en tant que force. L'idée d'une grève générale de la consommation conçue comme un mouvement social avec ses revendications opposées au gouvernement et au patronat commence sérieusement à faire son chemin dans la gauche radicale et dans les milieux écolos.Aujourd'hui, on parle d'anti-pub, d'anti-techno, anti-consommation... On est dans le monde de l'anti . Le courant que l'on peut qualifier d'anti-consommation est à la base des combats antipub lorsque ces derniers ne se contentent pas de dénoncer les excès de la pub (pub sexiste par exemple) mais s'en prennent à son idéologie. Ce courant en gestation se bricole une identité à partir notamment d'un passé sans cesse composé. On rêve de nouveau des luddites détruisant leurs machines ou des sublimes ne travaillant pas plus que le strict nécessaire. En revanche, le mouvement anti-OGM, anti-ionisation des aliments, anti-biométrie n'est pas cependant un mouvement technophobe. Il est seulement conscient que les choix techniques ne sont pas neutres et peuvent être irréversibles.

On retrouve les théories elluliennes sur le Bluff technologique...
Nous sortons de plus d'un siècle de culte de la technique et de foi béate dans la science. Nous savons aujourd'hui que cette foi dans la techno-science fut une trahison de l'idée même de progrès. Le risque bien sûr serait de jeter le bébé mais aussi la baignoire (l'humanisme) avec l'eau du bain (le scientisme). Notre société n'a cessé d' inventer des machines à accélérer alors que la vitesse est un accélérateur de pouvoir. Nous devrons développer des prothèses techniques pour ralentir, nous aurons besoin d'une technologie de la décroissance. Le développement de la désobéissance civile est à la fois l'aveu d'une faillite du système politique, incapable de répondre aux véritables enjeux, mais aussi de la faiblesse des mobilisations citoyennes.

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3 juin: "La Bulle économique" à télécharger dans la catégorie Vidéos.

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9 mars: "La captation des désirs" à télécharger dans la catégorie Autocollants.

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